La danseuse Michaela DePrince et son parcours de la guerre au ballet

La danseuse Michaela DePrince, qui se décrit parfois comme une enfant orphelin de guerre, va au devant des préjugés raciaux dans le monde de la danse classique. Elle souhaite ainsi être une source d’inspiration pour la prochaine génération de jeunes danseuses.

Un début de vie difficile dans un contexte de guerre

La danseuse Michaela DePrince est née en Sierra Leone en 1995, pendant la guerre civile. A seulement 3 ans, ses deux parents décèdent. Elle est alors envoyée dans un orphelinat où elle sera maltraitée par un personnel qui pensait qu’elle était « l’enfant du diable », à cause de sa peau dépigmentée par un vitiligo. Elle et sa meilleure amie ont été adoptées par un couple américain quand elles avaient 4 ans.

Portrait de la danseuse Michaela DePrince

Elle trouve son salut dans ces toutes premières années. Elle est encore à l’orphelinat quand elle découvre son rêve complètement par hasard, en trébuchant sur un magazine que le vent a poussé à travers les portes de l’orphelinat. Toute petite, elle voit alors la photo d’une « créature féérique », une danseuse blanche en tutu rose :

« Quand j’ai vu la joie sur son visage, j’ai décidé d’être heureuse moi aussi. C’est aussi à ce moment là que j’ai décidé d’être un jour comme cette femme. »

Surmonter des obstacles pour devenir ballerine

Suivre son rêve n’a pas été facile. Michaela admet avoir pensé à abandonner la danse. Elle a dû faire face au racisme qui persiste dans le monde du ballet : « A 8 ans, j’ai été choisi pour le rôle de Marie dans Casse-Noisettes. Je me suis préparée avec beaucoup de sérieux pour ce rôle. Mais juste avant le spectacle, on m’a finalement dit que quelqu’un d’autre assurerait le rôle, parce que les gens n’étaient pas prêts à voir une Marie noire’ « . Elle se rappelle avoir alors sérieusement envisager d’arrêter le ballet, jusqu’à ce qu’elle voit la danseuse Heidi Cruz, sur scène avec The Pennsylvania Ballet : « Je me suis dit ‘Wow, elle est incroyable!’ Cela m’a encouragé à persévérer dans la danse. »

Toujours passionnée de danse, à l’âge de 13 ans, elle gagne une bourse intégrale pour un stage d’été intensif avec la prestigieuse compagnie de ballet basée à New-York, l’American Ballet Theater (ABT). Elle sera plus tard diplômée de l’école Jacqueline Kennedy Onassis, école de danse de l’ABT. En 2011, DePrince a un rôle important dans First Position, un documentaire sur la danse classique. Michaela est aujourd’hui ballerine professionnelle au Het Nationale Ballet, la plus grande compagnie de danse classique des Pays-Bas, basée à Amsterdam. Elle voyage ainsi entre Amsterdam et New-York où elle vit avec sa famille. Elle fait maintenant partie de ces rares ballerines noires reconnues dans le milieu.

La danseuse Michaela DePrince est maintenant reconnue dans le mileu

La danseuse Michaela DePrince refuse de se laisser définir par son histoire difficile et connue, maintenant qu’elle a publié ses mémoires. Elle se concentre au contraire sur son objectif : devenir danseuse étoile. Elle espère que le feu des projecteurs, aujourd’hui tournés vers son personnage en coulisse, éclaireront ses prestations sur scène.

« Je ne suis pas arrivée là à cause de mon histoire », insiste-t-elle, « mais pour ce que je suis en tant qu’artiste ».

Une source d’inspiration pour les plus jeunes

Michaela DePrince, une danseuse engagée

Aujourd’hui, elle est engagée. Grâce à son succès, elle aide de jeunes danseuses noires-américaines, comme celles des studios de danse « BE Dance studios » en Floride, où elle a passé une semaine pendant l’été 2015, pour donner des cours aux danseuses et échanger avec elles. Elle espère pouvoir ainsi inspirer ces jeunes filles. Elle peut ainsi les aider à surmonter les difficultés qui peuvent et pourront se présenter à elles, qu’il s’agisse de problèmes de confiance en elles, en leur apparence ou leur talent, de circonstances difficiles ou de préjugées que peuvent avoir les ballerines à la peau blanche comme neige. Elle est aussi intervenue dans des écoles de Brooklyn à New-York et en Afrique du Sud

« J’ai toujours voulu être un exemple, surtout pour les jeunes filles noires », explique la danseuse Michaela DePrince. « Je pense pouvoir les inciter à… s’accrocher et à croire en elles pour devenir ce qu’ils souhaitent. J’ai moi-même traversé un grand nombre d’épreuves, mais j’ai pu continuer à avancer vers ce en quoi j’ai toujours cru. […] Je fais de mon mieux pour que ces jeunes filles ne se disent pas qu’elles ne pourront pas y arriver parce qu’elles sont noires. Je leur fais comprendre que le racisme existe effectivement, mais qu’il faut qu’elles persévèrent. »

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Author Réana K.

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