Ovie Soko : Etre noir et être soi-même

Le monde de la télé-réalité et ses personnalités, franchement c’est pas mon truc. J’en reste le plus loin possible ! 😆 Mais dans cet article / portrait du basketteur britannique Ovie Soko sur The Guardian, il y a des points qui m’ont interpellé. L’article explique, grâce à des échanges avec le basketteur, les raisons de sa participation à l’émission Love Island et les raisons de son succès dans l’émission (il a fini 3e finaliste). Voici l’essentiel de cet article sur Ovie Soko, un homme noir, avec une personnalité qui ne correspond pas aux clichés, qui montre qu’on peut être noir et plein de qualités.


‘Il faut que les jeunes hommes et femmes noirs sachent qu’ils peuvent être eux-mêmes’

Traduit de : Love Island’s Ovie Soko: ‘Young black people need to know they can be themselves’

Ovie Soko est un joueur de basket-ball britannique. Il s’est fait remarqué cet été 2019 dans Love Island, une télé-réalité où les candidats doivent former des duo (en recherche d’amour, d’amitié ou d’argent) pour gagner £50 000. Pendant l’émission, il est très populaire : il est l’allié de ces dames, avec son charme et sa maladresse attendrissante. […]

Photo d'Ovie Soko, une personnalité britannique noire qui montre qu'on peut être noir et loin des clichés
Bonjour !

« Cette émission a été l’occasion pour moi de me faire connaître en dehors du monde du basket et de montrer que je ne suis pas seulement un sportif », explique Ovie.

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C’est rare de voir Ovie Soko agité. Il se fait quand même remarquer dans une émission où « agité » est sûrement un euphémisme ironique pour dire « excité ». Et pourtant, Ovie Soko a été la révélation de l’émission cette année. [….] Les autres candidats cherchent principalement ‘l’amour’, comprendre se faire connaître et se brander pour mieux se vendre après l’émission. Ovie Soko, qui a rejoint l’émission tardivement (en 4e semaine), a peut-être réussi les deux.

Photo d'Ovie Soko ( en couple avec India Reynolds), une personnalité britannique noire qui montre qu'on peut être noir et loin des clichés
Entre se faire connaître ou trouver l’amour, Ovie a réussi les deux

Ovie Soko a peut-être trouvé le grand amour (avec sa partenaire de jeu, India Reynolds, avec qui il est encore aujourd’hui), après un premier amour platonique avec Amber Gill, une autre participante qui finira l’émission mais avec le joueur de rugby Greg O’Shea. Mais Ovie a aussi commencé à se vendre en tant que marque : il envisage d’ailleurs de passer du basket à la télé ou la mode.

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Et quand on lui demande ce qu’il l’a le plus marqué pendant le tournage de l’émission, Ovie répond : « L’amour, vraiment. Ca bouleverse tout. Pour moi, c’est fou ».

Photo d'Ovie Soko, romantique, une personnalité britannique noire qui montre qu'on peut être noir et loin des clichés
Ovie Soko, un vrai romantique

Sa popularité naissante ne surprendra pas ceux qui ont regardé l’émission. On voit rarement des gens comme Ovie dans les émissions de télé-réalité : il ne colle pas au contexte. En fait, on voit rarement des gens comme lui à la télé tout court. Il a confiance en lui sans être arrogant, il est amusant sans en faire trop, il est protecteur sans prendre les autres de haut… On le voyait à l’aise en toute circonstance dans l’émission.

Pourtant, il faisait pas grand chose de spécial. Même si les autres étaient bouche bée quand il faisait son petit-déjeuner tout seul…

Son expression fétiche (« Message ! ») est devenu comme un slogan de la saison. […]

L’attention qu’il a depuis qu’il a quitté l’émission, il trouve ça « Super. Ca fait que je me sens bien, et en même temps, j’ai juste été moi-même chaque jour. C’est fou de se dire que ça, ça peut toucher tant de gens. »

Photo d'Ovie Soko, sensible, une personnalité britannique noire qui montre qu'on peut être noir et loin des clichés
Vice :  » Ovie serait le James Bond de la villa, si James Bond était en phase avec ses émotions et que son boulot n’était pas de tuer des gens « 

Une des raisons pour lesquelles le public l’aime est son côté protecteur. Il console ceux qui ont le coeur brisé, calme les disputes en s’interposant physiquement si il faut.

Un des articles de Vice le décrit en disant que « Ovie serait le James Bond de la villa, si James Bond était en phase avec ses émotions et que son boulot n’était pas de tuer des gens ». En effet, sa vision de la masculinité est un mélange de force et séduction mais aussi de raison et de stabilité. Et ça a fait de lui un des chouchous du public.

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La raison pour laquelle Ovie a participé à l’émission est un autre point qui ne colle pas avec l’univers de la télé-réalité. Un basketteur professionnel avec une bonne carrière, une signature tout fraîche avec l’ UCAM Murcia dans la plus haute division en Espagne (la ligue la plus respectée en dehors de la NBA). Il a commencé sa carrière professionnelle à 13 ans, quitté sa ville natale au nord de Londres à 16 ans pour entrer dans une école privée en Virginie où il obtient une bourse. Après 3 ans de fac, d’abord en Alabama puis en Pennsylvanie, il a loupé les essais pour la NBA en 2014 même si les Golden State Warriors l’avait remarqué. Alors pourquoi faire une émission pareil ?

Photo d'Ovie Soko, posé, une personnalité britannique noire qui montre qu'on peut être noir et loin des clichés
Ovie : « C’était l’occasion de me faire connaître en dehors du basket et de montrer que j’étais plus qu’un sportif « 

« C’est d’abord mon frère qui a fait un petit commentaire quand on regardait l’émission ensemble l’année dernière. Il disait ‘Ovie, tu tiendrais pas dans cette émission’. » Mais c’est surtout parce qu’il avait envie de sortir un peu du monde sportif : « C’était l’occasion de me faire connaître en dehors du basket et de montrer que j’étais plus qu’un sportif ». Il a d’ailleurs été blessé gravement deux fois ; ça l’a fait réfléchir à d’autres possibilités de carrière.

Ovie Soko a aussi été très touché par le décès d’un de ces amis, ce qu’il l’a fait d’autant plus réfléchir à des questions existentielles : « un de mes amis proches est mort en jouant sur le terrain. Il a eu une crise cardiaque pendant un entraînement en Macédoine (en Grèce) ; il était loin de chez lui. Cette année-là, j’ai beaucoup réfléchi. J’ai eu une longue période de réflexion et de remise en question générale. » Ça explique d’ailleurs son attitude si posée pendant l’émission.

Certains observateurs affirment que le succès d’Ovie Soko est fortement lié à ses origines (il est métisse anglais et nigérian). Comme l’explique Tobi Rachel Akinhbade dans Grazia : « C’est très simple. D’abord, on n’a qu’un seul Ovie par génération… les hommes noirs sont rarement représentés sans une pointe de négativité ou d’hypermasculinité malsaine.’ Comme l’a vu Alexandra Burke dans Strickly, Ovie Soko est prudent et réfléchi quand il s’agit de parler du rapport entre personnes de couleur et télé-réalité, ou encore des noir(e)s qui gagnent rarement dans les émissions où un public peut voter :

« Quand on est noir, on garde toujours à l’esprit qu’on est un homme noir » explique Ovie. Il ajoute après un instant que « c’est bizarre de le dire. C’est important que les jeunes hommes et femmes noires sachent qu’ils peuvent être eux-mêmes, et qu’ils ne sont pas obligés de rentrer dans un moule pour être à la télé.
Si il y a bien une chose que cette émission a montré, j’espère, c’est qu’être soi-même, c’est génial. Si vous êtes 100% vous même, vous êtes unique ; vous vous rendez compte ? Chaque personne est unique. Peu importe ses origines, sa couleur de peau, son sexe. Et ça, désolé mais ça n’a pas de prix. »

Photo d'Ovie Soko, une personnalité britannique noire qui montre qu'on peut être noir et loin des clichés
Le succès d’Ovie dans l’émission vient en partie deson attiitude, loin des clichés sur les hommes noirs (zéro d’hypermasculinité toxique)

Ovie Soko a grandi à Tottenham, dans une petite famille (ses parents et un grand frère). Il pense que sa vision du monde vient de son père, artiste, qui l’a sensibilisé à l’art […]. « Même aussi jeune, je voyais les choses différemment ». Ovie n’était pas bon à l’école ; il avait du mal avec l’aspect rigide de l’éducation. […] « Je remettais toujours tout en question, et j’ai l’impression qu’on nous apprend à surtout rien remettre en cause. Pour moi, c’est arriéré. Dès la crèche, on t’apprend à à faire les choses d’une certaine façon et à ne pas réfléchir par toi même ». […]

Le point de vue de Ovie Soko sur la vie est influencé par un grand mélange de choses qui n’ont à première vue rien à voir. Il y a ses parents et son grand frère qu’il admire clairement, l’église (où il allait chaque dimanche ; il suit de grand orateur comme le Pasteur Eric Thomas pour ses discours pour le développement personnel), des heures de documentaire sur des personnes inspirantes comme Conor Conor McGregor, Denzel Washington et Idris Elba. C’est ce mélange qui forge sa vision du monde qui peut se résumer à vivre sa vie, laisser les autres vivres la leur, s’occuper de ses affaires et croire en soi.

[…]

Photo d'Ovie Soko, une personnalité britannique noire qui montre qu'on peut être noir et loin des clichés
Ils sont pas trop mignons franchement ?

Ma conclusion

C’est clair : les hommes noirs sont souvent représentés avec un minimum de négativité. Forcément, je trouve ça bien qu’il y ait des exemples comme Ovie Soko à la télé. Des exemples qu’un homme noir n’est pas un homme plus agressif, moins sensible, plus macho, plus effrayant… que les autres. C’est en fait un homme comme les autres, et la couleur de peau ne fait pas la personne ; tout le monde est différent. Bon là, Ovie est une personnalités britannique. Comme je ne suis plus la télé (bonjour Youtube), je ne sais pas si on a beaucoup d’exemples comme lui en France. Mais j’espère qu’on voit ou verra de plus en plus d’hommes noirs à la télé en dehors des clichés véhiculés.

Si vus avez des exemples de personnalités comme lui en France, partagez ! Ca me fera plaisir de les connaître et qui sait, on les verra peut-être en photo du mois sur ProudPeople 😉

Pour aller plus loin

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